Traces d'histoire de la Pointe du Roselier et de l'association de l'environnement 

En feuilletant l'histoire de l'association de l'environnement du Roselier, en fouillant dans les mémoires, en relisant les articles de presse et les courriers et en écoutant les témoignages des habitants et riverains de cet espace remarquable, nous tenterons par touches successives d'éclairer ce cheminement qui fait qu'aujourd'hui la pointe est une promenade et un lieu de vie recherchés. Un endroit intergénérationnel qui rassemble des actifs et des retraités, des familles avec enfants, des gens natifs du Roselier, des nouveaux venus, un endroit où il fait bon vivre, où le vent tempétueux laisse la place au grand calme anticyclonique et donne chaque jour à la mer des teintes magiques. Bref, la plus belle pointe sur la baie! 

 

1 ère période: Création de l'association (1995-2005)

L'histoire débute avec Marie-Thérèse Michel. Marie-Thérèse habite impasse du Pré Gerno et se promène tous les jours « sur les côtes » et sur le chemin des Faudours. Elle échange avec les promeneurs sur les affaires du monde, mais surtout sur la beauté de la pointe. Dans les années 90, les mariés viennent s'y faire photographier face à la mer, et l'arrivée du printemps lui inspire un très joli poème « splendeurs de la nuit» dont le bulletin municipal se fera l'écho. 

 Une forêt de conifères 

 Mais quelque chose perturbe ses sorties en compagnie de son chien « Frou Frou ». Des conifères poussent en nombre et à vitesse grand V en lieu et place de la lande bretonne arrachée sans ménagement. Peu à peu ils ferment une fenêtre sur la mer et l'entrée du Légué. « Ces monstres sont plantés en toute illégalité et au mépris des espèces locales souhaitées sur cet espace remarquable et sur l'éperon barré» 

Marie-Thérèse s'en émeut auprès de ses voisins: « Vous rendez vous compte que nous aurons bientôt la forêt noire, ici en Bretagne ! »

Un élément nouveau vient confirmer qu'il y a un os ! Sylvie Troudet contacte la Direction régionale de l'environnement à Rennes qui lui donne les informations suivantes : « Attention votre secteur de la Pointe du Roselier est en zone Znief 1 (zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique) et accueille une plante très rare et protégée». Aussitôt, l'alerte est lancée tous azimuts et une association embryonnaire, moins de 10 personnes, voit le jour. « Le Comité de Sauvegarde de l'environnement de la Pointe du Roselier et du vallon de la Ville Hervy » est créé en 1996 et bien sûr Marie-Thérèse Michel, du Pré Gerno, en est immédiatement intronisée présidente. Branle-bas de combat ! Marie-Thérèse fait le siège du maire de l'époque, Yves Le Faucheur et en le saluant, nous présente ainsi : « Jacques Thierry et Patrick Troudet, mes collaborateurs. » L'histoire est en marche. 

La Parentucelia Latifolia (photo) 

Nous sommes dans les années 1997-1999, l'association de l'époque va aussi s'appuyer sur les travaux de Jean Touffet, professeur au laboratoire d'Écologie végétale, université de Rennes 1, pour prouver que cette plante présente sur la Pointe et, notamment au Pré Gerno, doit être protégée. La Parentucelia Latifolia constitue un joyau de la lande bretonne. Elle ne doit être ni coupée, ni arrachée. Les plantations nouvelles ne doivent pas lui porter préjudice. Le GEPN ( Groupe d'études et de protection de la nature) crée en 1974, qui deviendra Vivarmor en 2000, nous fournira également des arguments convaincants. Ils aboutiront aussi à la création de la réserve naturelle de la baie de St-Brieuc en 1998. 

Le bureau de l'époque :

Présidente : Mme MICHEL Marie Thérèse
Vice-Président : Mr HELLARD Jean-Claude
Trésorière : Mme THIERRY Christine
Trésorier-Adjoint : Mr TROUDET Patrick
Secrétaire : Mr LEGAY JOUY Lucien
Secrétaire-adjointe : Mme JORAND Françoise

va tout mettre en œuvre, réunions en mairie, courriers au préfet, mobilisation du conservatoire du littoral, pétitions, appui des Randonneurs et de leur président Hervé Paillard, pour obtenir un arrêté du maire Yves Le Faucheur, le 18 juillet 2000,  qui stipule: 

«  Mr V... devra détruire toutes les plantations qu'il a effectuées et qui modifie l'aspect naturel du paysage sur les parcelles cadastrées  section, B. Numéro 1018, 1022,  1006, 1691 et section B. Numéro 834, 1094. Il dispose d'un délai d'un mois » 

En réalité une énorme machine de 800 cv ne viendra à bout de la « forêt noire », que le 13 décembre 2008. 10 ans après nos premières démarches. Arrachage rendu possible grâce  à l'aide précieuse du Conservatoire du littoral qui aura acquis ces terrains en août 2007. Le classement de la Pointe en espace remarquable littoral et sous protection de « Natura 2000 » seront nos meilleurs atouts. L'éperon barré subira le même sort que les côtes du Pré Gerno. À bas les conifères, vive la lande bretonne!

(Photos avant et après l'abattage)

 

La convivialité (photo pique-nique)

 

Le premier pique-nique de l'association a lieu sous les pommiers, le 31 août 2003, dans le jardin de Mme Michel, en bord de la rue du Roselier, une trentaine de convives, un barbecue, des chansons. La convivialité va devenir une marque de fabrique du comité de sauvegarde de la Pointe du Roselier.